Ce guide s’adresse aux Français qui héritent d’un bien en Espagne, en particulier dans la région de Valencia, et à ceux qui préparent une donation ou leur propre succession. Il explique qui taxe quoi entre les deux pays, ce que coûte une succession et les démarches, dans l’ordre.
Par Jérémy, fondateur de la communauté des Français à Valencia, sur place depuis 2017 · témoignages · mis à jour le 2 octobre 2026
L’essentiel en 30 secondes
- En Espagne, chaque héritier paie l’impôt de succession sur sa propre part, selon les règles de la communauté autonome compétente. Le barème de la Comunitat Valenciana va, comme celui de l’État, de 7,65 % à 34 % par tranche.
- Dans la Comunitat Valenciana, le conjoint, les enfants, les petits-enfants et les parents ont une bonification de 99 % de l’impôt pour les décès depuis le 28 mai 2023 (loi valencienne 6/2023).
- Ces règles s’appliquent si le défunt vivait dans la Comunitat, ou s’il vivait en France et que la plus grande valeur de ses biens situés en Espagne s’y trouve.
- La bonification ne vaut que pour les biens déclarés dans les six mois, ou en retard mais avant toute relance du fisc : relancé, l’héritier paie l’impôt plein.
- Exemple : pour un appartement de 300 000 € hérité par deux enfants, chacun paie 49,76 € d’impôt espagnol, au lieu de 4 975,75 € sans la bonification.
Les mots à connaître
- Impuesto sobre Sucesiones y Donaciones
- L’impôt espagnol sur les successions et les donations, payé par celui qui reçoit.
- Comunidad autónoma competente
- La région dont les règles s’appliquent : celle où vivait le défunt, ou celle où se trouve la plus grande valeur de ses biens espagnols s’il vivait à l’étranger.
- Reducción
- Un abattement sur la valeur reçue, avant le calcul de l’impôt.
- Cuota
- Le montant de l’impôt calculé. La bonification s’applique sur ce montant.
- Bonificación
- Une réduction de l’impôt lui-même, en pourcentage : 99 % pour les héritiers directs à Valencia.
- Autoliquidación
- La déclaration où chaque héritier calcule son impôt et le paie.
- Escritura de aceptación de herencia
- L’acte notarié par lequel les héritiers acceptent la succession et se répartissent les biens.
- Últimas voluntades
- Le certificat du registre espagnol des actes de dernière volonté : il dit si le défunt a fait un testament en Espagne.
- Valor de referencia
- La valeur d’un bien calculée par le Catastro, minimum retenu pour l’impôt.
- Plusvalía municipal
- L’impôt de la commune sur la hausse de valeur du terrain, dû par l’héritier.
Qui paie les droits de succession : la France ou l’Espagne ?
L’impôt espagnol de succession est payé par chaque héritier sur la part qu’il reçoit (article 5 de la loi 29/1987). Un héritier qui vit en France le doit sur les biens situés en Espagne (article 7). En France, une seule déclaration de succession est déposée pour tous les héritiers, le plus souvent préparée par le notaire.
Entre les deux pays, c’est la convention franco-espagnole du 8 janvier 1963 qui répartit l’impôt sur les successions. Les revenus et le patrimoine du vivant relèvent, eux, de la convention fiscale de 1995, un texte distinct.
Espagne
- Impôt de succession sur l’appartement, payé par chaque héritier sur sa part.
- Règles de la Comunitat Valenciana : 99 % de bonification pour le conjoint, les enfants et les parents.
- Déclaration auprès de l’Agencia Tributaria de l’État, dans les six mois.
France
- Une déclaration de succession pour tous les héritiers, le plus souvent préparée par le notaire.
- L’appartement n’est pas taxé en France (article 30 de la convention de 1963).
- Il compte pour fixer le taux appliqué au reste de la succession (article 36).
| Bien laissé par un défunt qui vivait en France | Imposé en | Article |
|---|---|---|
| Appartement, maison ou terrain en Espagne | Espagne ; la France en tient compte pour son taux | 30 et 36 |
| Meubles et objets | Le pays où ils se trouvent au décès ; un véhicule, son pays d’immatriculation | 33 |
| Comptes bancaires, actions, placements, même en Espagne | France | 34 |
| Biens situés en France | France | 30 et 34 |
Même quand l’Espagne ne taxe pas un compte, la banque espagnole peut demander les documents de la succession avant de le débloquer : la loi la rend responsable de l’impôt si elle remet les fonds à tort (article 8 de la loi 29/1987).
Quelle région fixe les règles ?
L’impôt est cédé aux communautés autonomes : chacune fixe ses abattements, ses coefficients et ses bonifications. Les règles de la Comunitat Valenciana s’appliquent dans deux cas : le défunt vivait dans la Comunitat ; ou il vivait hors d’Espagne, et la plus grande valeur de ses biens situés en Espagne se trouve dans la Comunitat (disposition additionnelle 2e de la loi 29/1987).
Un appartement à Valencia hérité d’un parent qui vivait à Madrid suit donc les règles de Madrid. Quand le défunt vivait en France, ou quand l’héritier ne réside pas en Espagne, la déclaration se dépose auprès de l’Agencia Tributaria de l’État (AEAT), qui applique les règles de la région compétente.
Quelle loi décide qui hérite ?
L’impôt et le partage obéissent à des règles différentes. Pour les décès depuis le 17 août 2015, le règlement européen 650/2012 soumet toute la succession à la loi du pays où le défunt avait sa résidence habituelle, sauf s’il a choisi dans un testament la loi de sa nationalité (articles 21 et 22).
Pour un Français qui vivait en France, c’est donc le droit français qui dit qui hérite de son appartement à Valencia, et pour quelle part. Le certificat successoral européen (article 62) permet de prouver la qualité d’héritier dans un autre pays de l’Union.
La part réservée aux enfants : la legítima
Quand le Código Civil espagnol régit la succession, les enfants et descendants ont droit aux deux tiers de l’héritage : c’est la legítima (articles 806 à 808). Les parents peuvent attribuer l’un de ces deux tiers à un ou plusieurs enfants ou petits-enfants, la « mejora ». Le dernier tiers est libre.
Sans enfants ni descendants, les parents ont droit à la moitié de l’héritage, ou au tiers s’ils héritent avec le conjoint (article 809). Le conjoint non séparé qui hérite avec des enfants reçoit l’usufruit du tiers de mejora (article 834).
Ces règles ne jouent que si le droit espagnol régit la succession, donc surtout pour un défunt qui vivait en Espagne ; un Français peut aussi choisir la loi française dans son testament. Et le Código Civil ne s’applique pas partout : il respecte les droits civils propres de certains territoires espagnols (article 13).
Droits de succession dans la Comunitat Valenciana : la bonification de 99 %
Dans la Comunitat Valenciana, l’impôt de succession du conjoint, des enfants, des petits-enfants, des parents et des grands-parents est réduit de 99 %, pour les décès depuis le 28 mai 2023 (loi valencienne 6/2023). Sur un appartement de 300 000 € hérité par deux enfants, chacun paie 49,76 €.
Chaque communauté autonome peut fixer ses abattements, son barème, ses coefficients et ses bonifications (article 48 de la loi 22/2009) : les règles de Madrid ou de l’Andalousie, souvent citées, ne valent que pour une succession rattachée à ces régions.
Comunitat Valenciana : les chiffres au 2 octobre 2026
- Bonification de 99 % de l’impôt de succession pour le conjoint, les enfants, les petits-enfants, les parents et les grands-parents, pour les décès depuis le 28 mai 2023 (loi valencienne 6/2023).
- 25 % pour les frères, sœurs, neveux, nièces, oncles et tantes par le sang depuis le 1er juin 2026, puis 50 % à partir du 1er juin 2027.
- Abattement de 100 000 € par enfant de 21 ans ou plus, par conjoint et par parent, avant le calcul de l’impôt ; jusqu’à 156 000 € pour un enfant plus jeune.
- La même bonification de 99 % pour une donation au conjoint, aux enfants, aux parents, aux petits-enfants ou aux grands-parents, signée devant notaire.
- Six mois après le décès pour déclarer et payer, prorogeables une fois de six mois.
Loi valencienne 13/1997, articles 10 et 12 bis (rédaction de la loi 5/2026) et 12 ter ; loi 5/2025 pour la date du 1er juin 2027 ; article 68 du règlement des droits de succession pour la prorogation.
Ces règles valent quand la Comunitat Valenciana est compétente (voir plus haut). Les groupes de parenté sont ceux de la loi d’État (article 20 de la loi 29/1987). Le tableau donne, pour chacun, l’abattement et la part de l’impôt effacée par la bonification.
| Lien avec le défunt | Groupe | Abattement | Bonification aujourd’hui | À partir du 1er juin 2027 |
|---|---|---|---|---|
| Enfant ou petit-enfant de moins de 21 ans | I | 100 000 €, plus 8 000 € par année sous 21 ans, au plus 156 000 € | 99 % | 99 % |
| Enfant ou petit-enfant de 21 ans ou plus, conjoint, parent, grand-parent | II | 100 000 € | 99 % | 99 % |
| Frère, sœur, neveu, nièce, oncle, tante par le sang | III | 7 993,46 € (abattement de l’État) | 25 % | 50 % |
| Beau-fils, belle-fille, beau-père, belle-mère | III | 7 993,46 € (abattement de l’État) | Aucune | Aucune |
| Cousin, parent plus éloigné, personne sans lien de parenté | IV | Aucun | Aucune | Aucune |
Les autres abattements
Un héritier handicapé a droit à un abattement supplémentaire de 120 000 € (taux de 33 % ou plus), porté à 240 000 € à partir de 65 %, ou pour un handicap intellectuel ou psychique de 33 % ou plus (article 10 de la loi 13/1997).
Le logement habituel du défunt bénéficie d’un abattement de 95 % de sa valeur, dans la limite de 150 000 € par héritier, s’il revient au conjoint, à un descendant, à un ascendant, ou à un frère, une sœur ou un autre collatéral de plus de 65 ans qui vivait avec lui depuis deux ans. L’héritier doit le garder 5 ans.
Un appartement de vacances à Valencia n’est pas le logement habituel d’un défunt qui vivait en France : cet abattement ne joue pas pour lui.
Attention : déclaré en retard après une relance, la bonification est perdue
La bonification ne porte que sur les biens déclarés en entier dans une déclaration déposée dans le délai, ou en retard mais avant toute relance de l’administration (article 12 bis.3 de la loi valencienne 13/1997).
Si le fisc vous écrit le premier, vous perdez la bonification sur les biens non déclarés : vous payez l’impôt plein, avec des intérêts de retard, et une sanction peut s’ajouter. En retard mais avant toute relance, vous gardez la bonification ; une majoration de retard s’applique sur le petit montant restant.
Couple non marié, PACS : êtes-vous assimilé au conjoint ?
Les couples inscrits peuvent l’être. La loi valencienne assimile aux conjoints les partenaires d’une union de fait inscrite au registre valencien ou dans un registre comparable d’un autre pays de l’Union européenne, s’ils remplissent les conditions de la loi valencienne 5/2012 (article 12 quáter de la loi 13/1997). Pour un PACS, faites vérifier votre cas avant de déclarer.
Combien coûte une succession de 300 000 € ? Un exemple chiffré
Un appartement à Valencia, d’une valeur de référence de 300 000 €, revient à deux enfants de plus de 21 ans qui vivent en France. Leur mère vivait en France et n’avait pas d’autre bien en Espagne : les règles valenciennes s’appliquent. Voici le calcul pour chaque enfant.
- Part de chaque enfant (la moitié de 300 000 €)
- 150 000 €
- Abattement du groupe II
- − 100 000 €
- Base taxable (base liquidable)
- 50 000 €
- Impôt selon le barème valencien (de 7,65 % à 34 %)
- 4 975,75 €
- Coefficient pour un patrimoine personnel de moins de 390 657,87 €
- × 1
- Impôt avant bonification
- 4 975,75 €
- Bonification de 99 %
- − 4 925,99 €
- Impôt espagnol à payer par chaque enfant
- 49,76 €
- Si le fisc relance avant la déclaration
- 4 975,75 €par enfant, plus intérêts de retard
Hypothèses : chaque enfant a moins de 390 657,87 € de patrimoine personnel ; aucune dette n’est déduite ; le forfait mobilier de 3 % (ajuar doméstico, article 15 de la loi 29/1987) n’est pas compté. S’il s’applique au mobilier de l’appartement, chaque enfant paie 55,49 €. Les frais de notaire, de registre et la plusvalía municipale s’ajoutent.
Côté France, l’appartement n’est pas taxé, mais il compte pour le taux appliqué au reste de la succession.
Calcul de Français à Valencia avec l’abattement, le barème, les coefficients et la bonification de la loi valencienne 13/1997 (articles 10 à 12 bis) en vigueur au 2 octobre 2026. Estimation, pas un conseil fiscal.
Un neveu hérite de 100 000 € : l’exemple du groupe III
Un neveu par le sang reçoit 100 000 € de son oncle, qui vivait à Valencia. Il a moins de 390 657,87 € de patrimoine personnel et déclare dans le délai. Son abattement est celui de l’État, et son impôt est multiplié par un coefficient plus élevé que celui d’un enfant.
- Part reçue
- 100 000 €
- Abattement de l’État (groupe III)
- − 7 993,46 €
- Base taxable (base liquidable)
- 92 006,54 €
- Impôt selon le barème valencien
- 11 196,60 €
- Coefficient du groupe III
- × 1,5882
- Impôt avant bonification
- 17 782,44 €
- Décès du 1er juin 2026 au 31 mai 2027 : bonification de 25 %
- 13 336,83 €
- Décès à partir du 1er juin 2027 : bonification de 50 %
- 8 891,22 €
Le même héritage reçu par un beau-fils, du même groupe mais par alliance, coûte 17 782,44 € : la bonification ne vise que la parenté par le sang.
Calcul de Français à Valencia : abattement de l’article 20 de la loi 29/1987, barème, coefficient et bonification de la loi valencienne 13/1997 (articles 11 à 12 bis), sans dette ni forfait mobilier. Estimation, pas un conseil fiscal.
Simulateur : combien vont payer vos héritiers à Valencia ?
Choisissez le lien avec le défunt, la valeur de la part et le patrimoine de l’héritier : le simulateur applique l’abattement, le barème, le coefficient et la bonification valenciens, et montre ce que coûte une déclaration faite après une relance.
- Abattement du groupe II
- − 100 000 €
- Base taxable (base liquidable)
- 50 000 €
- Impôt selon le barème valencien (de 7,65 % à 34 %)
- 4 975,75 €
- Coefficient du groupe II pour ce patrimoine
- × 1
- Impôt avant bonification
- 4 975,75 €
Impôt espagnol à payer
49,76 €
Après la bonification de 99 % (− 4 925,99 €).
Calcul par héritier, avec les règles de la Comunitat Valenciana, pour un décès depuis le 1er juin 2026. Non comptés : dettes, forfait mobilier de 3 %, abattements pour handicap, entreprise ou logement du défunt. Beau-frère ou belle-sœur : faites vérifier votre groupe de parenté.
Calcul de Français à Valencia avec le moteur des deux exemples ci-dessus et les règles en vigueur au 2 octobre 2026. Estimation, pas un conseil fiscal.
Combien coûte une succession en Espagne : les frais à prévoir
La bonification réduit l’impôt, pas les autres frais. Leur montant dépend de la valeur du bien, de la commune et des professionnels choisis : demandez un prix écrit avant de commencer.
| Poste | Qui fixe le montant | À savoir |
|---|---|---|
| Impôt de succession | La communauté autonome compétente | Réduit de 99 % pour les héritiers directs à Valencia, si la déclaration est faite à temps |
| Notaire (acte d’acceptation) | Tarif réglementé des notaires | Dû même quand l’impôt est bonifié |
| Registre de la propriété | Tarif réglementé des registres | Pour inscrire le bien au nom des héritiers |
| Plusvalía municipale | La commune, 30 % au plus | Due par chaque héritier ; détails ci-dessous |
| Traductions assermentées | Le traducteur | Acte de décès, testament ou acte de notoriété français |
| NIE et certificats | L’administration espagnole | À demander dès le début du dossier |
| Avocat, fiscaliste ou gestor | Le professionnel | Facultatif ; prix à demander par écrit |
La plusvalía municipale des héritiers
La commune taxe la hausse de valeur du terrain sur lequel se trouve le bien, y compris pour un appartement. C’est l’héritier qui la doit (article 106 de la loi des finances locales). Il la déclare à la mairie dans les six mois qui suivent le décès, un délai prorogeable jusqu’à un an s’il le demande (article 110).
Le taux est fixé par chaque commune, sans dépasser 30 %, et une commune peut accorder jusqu’à 95 % de bonification aux enfants, au conjoint et aux parents (article 108). L’impôt n’est pas dû si vous prouvez, avec les actes d’achat et de succession, que le terrain n’a pas pris de valeur (article 104).
Les 4 étapes côté héritier, dans l’ordre
- 1
Réunir les actes, côté français et côté espagnol
Acte de décès (avec traduction assermentée s’il est français), certificat espagnol des dernières volontés (últimas voluntades) qui dit s’il existe un testament en Espagne, et le testament lui-même ou, à défaut, l’acte de notoriété établissant les héritiers.
Demandez en même temps le certificat des contrats d’assurance décès, qui liste les assurances souscrites en Espagne.
- 2
Obtenir un NIE pour chaque héritier
Aucun héritier ne peut accepter un bien espagnol ni payer l’impôt sans numéro d’identification d’étranger. La demande peut se faire depuis la France, au consulat ou par procuration. C’est l’étape qui prend du temps : lancez-la en premier.
- 3
Signer l’acceptation d’héritage devant notaire espagnol
L’escritura de aceptación de herencia liste les biens, leur valeur et la répartition. Elle peut se signer par procuration depuis la France, sans déplacement, si le pouvoir a été préparé correctement.
Le notaire se choisit librement ; pour préparer l’acte et la procuration en français, voyez notre page notaire francophone à Valencia.
- 4
Déclarer et payer l’impôt dans les 6 mois, puis inscrire le bien
Le délai de référence pour déclarer et payer est de 6 mois à compter du décès (une prorogation de six mois peut être demandée pendant les cinq premiers mois). Ensuite seulement, le bien peut être inscrit au registre foncier au nom des héritiers, puis vendu ou loué.
Si le défunt vivait en France, la déclaration se dépose auprès de l’Agencia Tributaria de l’État (AEAT), qui applique les règles de la région où se trouve la plus grande valeur de ses biens espagnols.
L’étape qui bloque le plus souvent est la deuxième : le NIE de chaque héritier, obtenable depuis la France sans déplacement. Lancez-la dès le début du dossier, pas au moment de signer chez le notaire.
Le calendrier des six mois
Un calendrier réaliste, à adapter à votre dossier :
Le jour du décès
Le délai de six mois commence, pour l’impôt de succession comme pour la plusvalía municipale.Mois 1 et 2
Acte de décès et traductions, certificats des dernières volontés et des assurances décès, demandes de NIE.Mois 3 et 4
Inventaire et valeur des biens, procurations, acte d’acceptation chez le notaire.Avant la fin du 5e mois
Si le dossier n’est pas prêt, demande de prorogation de six mois.Fin du 6e mois
Déclaration et paiement de l’impôt de succession, déclaration de la plusvalía à la mairie.Ensuite
Inscription du bien au registre de la propriété au nom des héritiers, puis vente ou location.
La prorogation de six mois
Elle se demande avant la fin du cinquième mois, avec l’acte de décès, la liste des héritiers et des biens. Sans réponse dans le mois, elle est accordée. Des intérêts de retard courent sur la période ajoutée (article 68 du règlement des droits de succession).
Vous gardez l’appartement ? Chaque héritier qui ne vit pas en Espagne déclare ensuite chaque année l’impôt des non-résidents, même sans louer : le guide du modelo 210.
Donner de son vivant à ses enfants : la même bonification, et ses limites
Dans la Comunitat Valenciana, la donation au conjoint, aux enfants, aux parents, aux petits-enfants ou aux grands-parents a la même bonification de 99 % que la succession (article 12 bis de la loi 13/1997).
Pour un bien immobilier, ce sont les règles de la région où il se trouve qui s’appliquent, même si vous et vos enfants vivez en France (disposition additionnelle 2e de la loi 29/1987).
La donation doit être signée devant notaire. Pour un don d’argent, l’acte indique l’origine des fonds et la façon dont ils sont remis. Depuis la loi 5/2026, un don d’argent de 4 000 € au plus sur 3 ans peut s’en passer, avec des documents signés par un service de signature électronique qualifié.
La déclaration suit vite : dans les trente jours ouvrés (hors samedis, dimanches et jours fériés) auprès de l’Agencia Tributaria de l’État si l’enfant qui reçoit vit hors d’Espagne ; dans le mois auprès de l’administration valencienne s’il vit en Espagne.
Les limites : la France, la plus-value et la plusvalía
La convention de 1963 ne couvre pas les donations (article 29). Si vous vivez en France, la donation est aussi taxable en France ; l’impôt espagnol payé s’impute sur l’impôt français (article 784 A du code général des impôts).
Donner un bien, c’est le céder : l’Espagne impose la plus-value du donateur (articles 33 et 36 de la loi IRPF). Pour un donateur qui vit en France, le taux est de 19 % ; un résident espagnol relève du barème de l’épargne, de 19 % à 30 %.
La commune perçoit aussi la plusvalía, due par l’enfant qui reçoit le bien et déclarée dans les trente jours ouvrés. La bonification communale réservée aux héritiers ne vaut pas pour une donation.
Faites chiffrer l’ensemble, des deux côtés de la frontière, avant de signer : décrire mon projet de donation.
Les erreurs à éviter dans une succession franco-espagnole
- Attendre la relance du fisc. Une part déclarée après une relance perd la bonification de 99 %.
- Lancer le NIE trop tard. Sans NIE, pas d’acte chez le notaire ni de déclaration : c’est la démarche à lancer en premier.
- Déclarer une valeur trop basse. Pour un bien immobilier, l’impôt se calcule au moins sur la valeur de référence du Catastro (article 9 de la loi 29/1987).
- Oublier la plusvalía municipale. Elle se déclare à part, à la mairie, dans les six mois.
- Croire que tous les héritiers ont 99 %. Les frères, sœurs, neveux et oncles par le sang ont 25 % (50 % au 1er juin 2027) ; la parenté par alliance et les personnes sans lien de parenté n’ont rien.
- Oublier le testament espagnol et les assurances décès. Les deux certificats se demandent dès le début du dossier.
- Négliger la déclaration française. L’appartement n’y est pas taxé, mais la succession d’un défunt qui vivait en France s’y déclare, et le bien compte pour le taux.
- Donner sans regarder le côté français. La donation sort de la convention de 1963 : faites chiffrer l’impôt français et la plus-value avant de signer.
- Vendre trop vite. Le bien doit d’abord être inscrit au nom des héritiers ; et si l’abattement du logement habituel a joué, il faut le garder 5 ans.
Notaire, avocat ou fiscaliste : qui fait quoi ?
Le notaire espagnol rédige et signe l’acte d’acceptation ; vous le choisissez librement. Le fiscaliste prépare les déclarations et chiffre l’impôt des deux côtés, en particulier pour une donation ou un patrimoine réparti entre les deux pays.
Un désaccord entre héritiers ou un testament contesté relève d’un avocat francophone à Valencia. Exposez-nous la situation : nous vous répondons par email pour vous orienter.
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Sources et méthode (15)
Sources relues le 2 octobre 2026 ; textes relus au BOE.
- Ley 13/1997 de la Generalitat Valenciana (barème, minimums et successions), texte consolidé : articles 10, 11, 12, 12 bis, 12 ter et 12 quáter
- Ley 5/2026, de 31 de julio, de la Generalitat Valenciana (DOGV du 10 août 2026, BOE du 17 septembre 2026, en vigueur le 11 août 2026), articles 20, 22 et 25
- Ley 6/2023, de 22 de noviembre, de la Generalitat Valenciana (bonification de 99 % pour les décès depuis le 28 mai 2023)
- Ley 5/2025, de 30 de mayo, de la Generalitat Valenciana (groupe III : 25 % au 1er juin 2026, 50 % au 1er juin 2027)
- Ley 29/1987 (droits de succession et de donation) : articles 5, 7, 9, 15, 20, 21 et 24, disposition additionnelle 2e
- Real Decreto 1629/1991 (règlement des droits de succession), articles 67 et 68 : délais et prorogation
- Ley 22/2009 sur le financement des communautés autonomes, articles 32 (impôt cédé) et 48 (compétences des régions)
- Convention France-Espagne sur les successions du 8 janvier 1963, articles 29 à 36
- Código Civil, texte consolidé (mise à jour du 3 janvier 2025) : article 13 (droits civils propres), articles 806 à 809 et 834 (legítima)
- Règlement (UE) 650/2012 sur les successions, articles 21, 22, 62 et 83
- Real Decreto Legislativo 2/2004 sur les impôts locaux (plusvalía municipale), articles 104, 106, 108 et 110
- Ley 35/2006 sur l’IRPF, texte consolidé (article 33)
- Real Decreto Legislativo 5/2004 (impôt des non-résidents), article 25
- Ley 58/2003 générale des impôts, article 27 (majorations de retard)
- Code général des impôts, article 784 A (impôt payé à l’étranger imputé sur les droits français)
Information générale, à jour au 2 octobre 2026, qui ne remplace pas le conseil d’un professionnel sur votre situation.
Photo du haut de page : Francesco Califano, Unsplash.
