La durée légale du travail en Espagne est de 40 heures hebdomadaires en moyenne annualisée ; la réduction à 37,5 heures a été rejetée par le Congrès le 10 septembre 2025 et n'est pas en vigueur. Les congés se comptent en jours calendaires (30 minimum), les fériés sont plafonnés à 14, et la journée type ne ressemble à rien de ce que connaît un salarié français. Le point complet, textes à l'appui.
L'article 34 de l'Estatuto de los Trabajadores fixe le plafond à 40 heures de travail effectif par semaine, calculées en moyenne sur l'année : une semaine chargée peut dépasser 40 heures si d'autres compensent. Autour de ce plafond, trois protections concrètes : 12 heures de repos minimum entre deux journées, 9 heures ordinaires maximum par jour sauf si la convention collective en répartit autrement, et une pause d'au moins 15 minutes dès que la journée continue dépasse 6 heures. Cette pause, l'« almuerzo » de milieu de matinée, est une institution nationale ; elle ne compte comme temps de travail que si votre convention le prévoit.
Le réflexe à prendre en arrivant : lire la convention collective de votre secteur avant votre contrat. Beaucoup fixent des durées inférieures à 40 heures, des jours de congés supplémentaires ou des primes de nuit, et c'est elle qui fait foi. Notre guide travailler en Espagne explique comment identifier la vôtre.
Le sujet fait les gros titres depuis 2025, et la confusion est fréquente. Les faits, datés : le gouvernement a adopté en mai 2025 un projet de loi ramenant la semaine à 37,5 heures sans perte de salaire ; le Congrès des députés l'a rejeté le 10 septembre 2025, par 178 voix contre 170. La durée légale du privé reste donc 40 heures. Le tableau se nuance toutefois : la fonction publique de l'État est, elle, passée à 35 heures en avril 2026, et le ministère du Travail a annoncé son intention de représenter le texte. Tant qu'aucune loi n'est publiée au BOE, rien ne change pour les salariés du privé ; si votre employeur applique moins de 40 heures, c'est sa convention ou son accord d'entreprise qui le lui impose, pas la loi.
Sur le papier, un contrat espagnol ressemble à un contrat français. Dans la vraie vie, le rythme diffère du tout au tout. La jornada partida, la journée coupée, reste le modèle dominant hors tech : embauche vers 9 h, pause déjeuner longue à partir de 14 h, reprise vers 16 h ou 17 h, sortie à 19 h ou 20 h. Les grandes entreprises basculent souvent en jornada intensiva l'été : journée continue et bureau qui se vide à 15 h, un avantage que les salariés défendent becs et ongles. Quant à la sieste, elle relève du folklore pour les salariés urbains : personne ne dort au bureau, on y déjeune juste plus tard et plus longtemps que vous.
Les commerces suivent leur propre logique : la loi nationale garantit aux commerçants une large liberté d'horaires (90 heures hebdomadaires d'ouverture globale au minimum garanti par la Ley 1/2004), d'où des boutiques ouvertes tard le soir et des centres commerciaux actifs le dimanche selon les régions. Pour un candidat, ces rythmes pèsent dans le choix d'un poste : les offres de notre job board francophone précisent le type de journée quand l'employeur nous le communique.
L'Espagne accorde 30 jours de congés minimum par an, en jours calendaires (article 38) : samedis et dimanches inclus, soit environ 22 jours ouvrés. La comparaison brute « 30 contre 25 » flatte l'Espagne à tort : en jours réellement chômés, les deux pays se valent à peu près. Trois règles utiles complètent le dispositif : les dates se connaissent au moins deux mois à l'avance, les congés ne se rachètent pas en argent, et les 14 jours fériés annuels (dont 2 locaux, fixés par votre commune) sont rémunérés et non récupérables. Le repos hebdomadaire légal est d'un jour et demi ininterrompu, le dimanche en faisant presque toujours partie.
Les heures supplémentaires sont plafonnées à 80 par an, payées au moins au tarif de l'heure ordinaire ou compensées en repos dans les quatre mois, et volontaires sauf clause contraire. Depuis le 12 mai 2019, chaque entreprise doit tenir un registre quotidien des heures de début et de fin de chaque salarié, conservé quatre ans et accessible à l'inspection du travail ; un projet de registre numérique obligatoire circule, mais il n'est pas adopté, et un registre fiable sur papier reste conforme aujourd'hui. Le travail de nuit (22 h à 6 h) est plafonné à 8 heures par jour en moyenne et exclut les heures supplémentaires. Si des heures travaillées ne figurent ni sur votre fiche de paie ni au registre, le rapport de force juridique penche de votre côté : documentez et faites valoir.
Le décret du SMI 2026 ne définit aucun taux horaire général : il fixe 40,70 € par jour ou 1 221 € par mois sur 14 versements. Le seul taux horaire qui figure au texte vise les employés de maison payés à l'heure : 9,55 €. En ordre de grandeur, diviser le SMI annuel (17 094 €) par une année à temps plein donne environ 9,40 € de l'heure ; retenez ce chiffre comme un ordre de grandeur ; seul le décret fait foi. Montants, nets et comparaison avec la France sont détaillés dans notre guide du SMIC espagnol, et le calculateur brut-net traduit n'importe quelle offre en salaire réel.
40 heures hebdomadaires de travail effectif, en moyenne annualisée (article 34 de l'Estatuto de los Trabajadores). La journée ordinaire est plafonnée à 9 heures sauf accord collectif, avec 12 heures de repos minimum entre deux journées et une pause d'au moins 15 minutes dès que la journée continue dépasse 6 heures. Les conventions collectives fixent souvent des durées inférieures : vérifiez la vôtre, c'est elle qui s'applique.
Non. Le projet de loi ramenant la semaine de 40 à 37,5 heures sans perte de salaire a été rejeté par le Congrès des députés le 10 septembre 2025, par 178 voix contre 170. La durée légale reste donc 40 heures dans le privé ; seule la fonction publique de l'État est passée à 35 heures en avril 2026. Le gouvernement a annoncé vouloir représenter le texte, sans nouveau dépôt à ce jour : tant qu'aucune loi n'est publiée au BOE, rien ne change pour votre contrat.
Le décret du SMI 2026 ne fixe pas de taux horaire général : il s'exprime en 40,70 € par jour ou 1 221 € par mois sur 14 versements (17 094 € par an). Le seul taux horaire officiel concerne les employés de maison payés à l'heure : 9,55 €. Pour se représenter l'ordre de grandeur d'un salarié classique, la division du SMI annuel par une année à temps plein donne environ 9,40 € de l'heure, un calcul indicatif qui ne figure pas dans le décret.
Le grand classique reste la journée coupée (jornada partida) : embauche vers 9 h, pause déjeuner longue en début d'après-midi, reprise et fin de journée vers 19 h ou 20 h. Beaucoup d'entreprises passent en journée continue (jornada intensiva) l'été, avec une sortie vers 15 h. Les horaires décalés du pays (déjeuner à 14 h, dîner à 21 h 30) déteignent sur la vie de bureau, mais la sieste quotidienne relève du mythe pour les salariés urbains.
30 jours calendaires minimum par an (article 38), c'est-à-dire dimanches et samedis inclus : cela représente environ 22 jours ouvrés, soit peu ou prou l'équivalent des cinq semaines françaises. S'y ajoutent les jours fériés, plafonnés à 14 par an dont 2 choisis par la commune, rémunérés et non récupérables. Les dates de congés doivent être connues au moins deux mois à l'avance, et les congés ne peuvent pas être remplacés par une compensation financière.
Oui, à 80 heures maximum par an, payées au moins comme des heures ordinaires ou compensées en repos dans les quatre mois. Elles sont volontaires sauf si votre contrat ou la convention en dispose autrement, et interdites la nuit comme aux temps partiels. L'employeur doit par ailleurs tenir un registre quotidien des heures de début et de fin de chaque salarié, conservé quatre ans et consultable par l'inspection du travail : en cas de litige sur des heures non payées, ce registre est votre première arme.
Textes cités : Estatuto de los Trabajadores, texte consolidé (articles 12, 34 à 38), Real Decreto 126/2026 (SMI), Real Decreto-ley 8/2019 (registre horaire), Ley 1/2004 (horaires commerciaux), tous sur boe.es ; vote du Congrès du 10 septembre 2025 sur la réduction de la jornada. Lecture effectuée en août 2026.