À revenu brut égal, le salarié garde plus de net que l'autónomo : environ +310 € par mois à 1 500 € brut, +178 € à 2 500 € et +126 € à 4 000 € (barèmes 2026, célibataire sans enfant). L'autónomo ne repasse devant que dans deux cas : la première année, grâce à la tarifa plana, ou s'il facture environ 12 % de plus que le brut salarié équivalent — l'écart que financent les quelque 30 % de charges patronales espagnoles. Et le net ne dit pas tout : chômage, indemnités et congés payés n'existent que d'un côté. Voici les chiffres, poste par poste.
Même revenu brut d'un côté (salaire) et de l'autre (facturation hors IVA), même profil : célibataire sans enfant, en CDI côté salarié, en régime de croisière côté autónomo (après la tarifa plana). Le net salarié sort du moteur de notre calculateur brut-net, qui reproduit l'algorithme officiel de l'AEAT 2026.
| Brut mensuel équivalent | Net salarié | Net autónomo | Avantage salarié |
|---|---|---|---|
| 1 500 € | 1 326 € | 1 017 € | +310 € |
| 2 500 € | 1 927 € | 1 749 € | +178 € |
| 4 000 € | 2 864 € | 2 738 € | +126 € |
| Prélèvement mensuel | 1 500 € | 2 500 € | 4 000 € |
|---|---|---|---|
| Salarié (CDI, 12 paies) | |||
| Cotisations sociales (6,50 % du brut) | 98 € | 163 € | 260 € |
| Retenue d'IRPF | 76 € | 411 € | 876 € |
| Autónomo (même facturation, hors IVA) | |||
| Cuota mensuelle (tramo 2026, MEI inclus) | 294 € | 320 € | 390 € |
| IRPF estimé (déclaration annuelle lissée) | 119 € | 361 € | 802 € |
| Gestor (fourchette 60-80 €) | 70 € | 70 € | 70 € |
Méthodologie, en clair
Pour égaler le net d'un salarié à 2 500 € brut, un autónomo doit facturer environ 2 800 € par mois, soit 12 % de plus. Ce n'est pas un hasard si le marché le permet : un salarié à 2 500 € brut coûte plus de 3 250 € par mois à son employeur, charges patronales comprises (23,60 % de contingencias comunes, 5,50 % de chômage, 0,20 % de FOGASA, 0,60 % de formation, 0,75 % de MEI, plus les accidents du travail selon l'activité). Un client qui remplace un poste par une mission freelance peut donc payer 10 à 20 % au-dessus du brut sans dépenser un euro de plus. Si vos clients refusent cette marge, le calcul penche vers le contrat.
L'écart de net ci-dessus sous-estime l'écart réel, car le statut de salarié embarque des droits qui ne figurent sur aucune fiche de paie.
Vous préférez un contrat ?
Les postes qui recrutent des francophones en Espagne — relation client, commercial, tech — offrent exactement ce filet : paro, indemnités, congés, 14 paies.
Voir les offres d'emploi francophones →La contrepartie du statut : le salarié ne déduit presque rien (2 000 € forfaitaires d'« otros gastos », automatiques), l'autónomo déduit ses frais réels avant impôt.
Plus vos frais réels sont élevés, plus l'écart du tableau se resserre : un autónomo avec 300 € de frais mensuels déductibles réduit son IRPF d'autant, quand le salarié paierait ces mêmes dépenses sur son net. La liste complète des déductions et les pièges de déclaration sont détaillés dans notre guide du statut autónomo.
La tarifa plana est toujours en vigueur en 2026 : cuota réduite de 80 € par mois pendant les 12 premiers mois d'activité, à laquelle s'ajoute le MEI (0,9 %), soit environ 80 € réellement prélevés. Elle se prolonge 12 mois de plus si vos revenus nets restent sous le SMI (1 221 € par mois en 2026). Depuis 2026, son montant est fixé année par année : vérifiez le chiffre en vigueur sur le portail Importass de la Seguridad Social avant votre alta.
L'effet est massif : à 2 500 € facturés par mois, la cuota réduite porte le net autónomo à environ 1 921 € — quasiment le net du salarié équivalent (1 927 €). S'y ajoute, pour les professions libérales qui facturent des entreprises espagnoles, une retención réduite à 7 % au lieu de 15 % l'année du début d'activité et les deux suivantes : moins d'avance de trésorerie, pas moins d'impôt final.
Le piège est connu : bâtir son budget sur la cuota à 80 € et subir le passage aux 300 € et plus du tramo au 13e ou au 25e mois. Faites le comparatif de cette page avec la cuota pleine — si votre activité n'est rentable qu'avec la tarifa plana, elle n'est pas rentable.
Pas d'employeur espagnol, donc pas de vrai choix : résident en Espagne, vous facturez en autónomo. Bonne nouvelle : la retención de 15 % ne s'applique pas aux clients étrangers, et vos factures B2B vers la France partent sans IVA après inscription au registre intracommunautaire (ROI). Le comparatif sert ici à fixer vos tarifs : visez au minimum votre ancien brut +12 %, sinon vous vous payez la protection sociale en moins sans compensation.
Deux mondes. En académie ou école de langues, vous êtes salarié, souvent à temps partiel, avec paro et congés — des niveaux proches du SMI au prorata. En cours particuliers, la cuota mínima (environ 206 € par mois avec MEI, hors tarifa plana) plus le gestor absorbent une part énorme d'un revenu partiel : sous environ 1 200 € facturés par mois, le statut coûte plus qu'il ne protège. Le cumul des deux (pluriactividad) existe et ouvre des bonifications de cuota.
Le cas le plus favorable à l'autónomo : au-delà de 4 000 € de facturation mensuelle, la cuota plafonne (607 € par mois au maximum, au-delà de 6 000 € de revenus) pendant que le TJM du marché dépasse largement le brut salarié équivalent. À partir de 50 à 60 000 € de bénéfice annuel, la question suivante n'est plus salarié ou autónomo, mais autónomo ou société — voir notre guide créer une SL en Espagne.
Trois montages, trois protections. Détachement (certificat A1) : vous restez cotisant en France, 24 mois maximum. Contrat espagnol via une filiale ou un employeur enregistré sans établissement auprès de la Seguridad Social : vous basculez dans le régime espagnol, celui du tableau ci-dessus. Et le raccourci risqué : l'employeur qui vous demande de « passer autónomo » pour continuer le même travail sous ses ordres crée un falso autónomo — requalifiable, avec redressement à la clé. Refusez, ou faites requalifier la relation.
Vous partez en indépendant ?
Tramo de cotisation, déductions, résidence fiscale, tarifa plana : chaque situation se valide avant l'alta, pas après. Un gestor francophone vérifie la vôtre et gère les déclarations.
Faire valider ma situation par un gestor francophone →À revenu brut égal, le salarié garde plus de net : environ 1 326 € contre 1 017 € à 1 500 € brut par mois, 1 927 € contre 1 749 € à 2 500 €, 2 864 € contre 2 738 € à 4 000 € (barèmes 2026, célibataire sans enfant). L'autónomo ne devient favorable que s'il facture environ 10 à 12 % de plus que le brut salarié équivalent, ou pendant la première année de tarifa plana. Il faut aussi peser ce que le net n'affiche pas : chômage, indemnités de licenciement, congés payés et 14 paies n'existent que côté salarié.
Pas au paro classique. Il existe une prestation dédiée, le cese de actividad : 70 % de la base de cotisation, de 4 à 24 mois. Mais les conditions sont dures : au moins 12 mois de cotisation dans les 24 derniers, être à jour de ses cuotas, et prouver une cause légale de cessation, par exemple des pertes supérieures à 10 % des revenus sur un exercice complet (le premier exercice ne compte pas). Beaucoup de demandes sont refusées faute de preuve. Le salarié, lui, touche le paro dès 360 jours cotisés, sans avoir à justifier de pertes.
Environ 30 % de charges patronales s'ajoutent au brut : 23,60 % de contingencias comunes, 5,50 % de chômage en CDI, 0,20 % de FOGASA, 0,60 % de formation et la part employeur du MEI, plus la cotisation accidents du travail qui dépend de l'activité. Un salarié à 2 500 € brut coûte donc plus de 3 250 € par mois à son employeur. C'est cet écart qui permet à un freelance de facturer davantage que le brut salarié équivalent sans coûter plus cher au client.
Entre 2 750 et 2 850 € par mois, soit environ 10 à 12 % de plus, avec notre méthodologie (cuota du tramo correspondant, gestor à 70 €, IRPF 2026). En dessous, le salarié garde plus de net ; au-dessus, l'autónomo passe devant. La règle pratique : ne quittez pas un salaire pour un chiffre d'affaires identique, négociez la marge que vos clients économisent en charges patronales.
Oui, c'est la pluriactividad : vous cotisez aux deux régimes, avec des bonifications sur la cuota d'autónomo et un remboursement partiel si le cumul des cotisations dépasse le plafond annuel. C'est souvent la meilleure façon de tester une activité indépendante sans renoncer au filet du salariat. La déclaration annuelle devient plus complexe, un gestor est alors vivement conseillé.
Presque. Avec la cuota réduite (80 € + MEI, soit environ 80 € par mois en 2026), un autónomo qui facture 2 500 € par mois garde environ 1 921 € net, quasiment le net du salarié équivalent. Mais l'avantage dure 12 mois, 24 si vos revenus restent sous le SMI, puis la cuota par tramos s'applique. Ne bâtissez pas un plan de vie sur une réduction temporaire.
Barèmes 2026 vérifiés le 24 août 2026. Les cuotas par tramos et les taux de cotisation sont révisés chaque année ; le montant de la tarifa plana est désormais fixé exercice par exercice.