Le formulaire S1 transfère vos droits d'assurance maladie français vers l'Espagne. Il se demande à votre CPAM ou à votre caisse de retraite avant le départ, et concerne surtout les retraités, les travailleurs détachés et les salariés d'un employeur français qui télétravaillent moins de 25 % de leur temps depuis l'Espagne (moins de 50 % avec un certificat A1 de l'accord-cadre européen). Une fois sur place, vous l'enregistrez à l'INSS puis au centre de santé, qui vous délivre la carte sanitaire (la carte SIP dans la région de Valence) : vous êtes alors soigné dans le public espagnol, aux frais de la France.
Enregistrement du S1, carte SIP, padrón : un partenaire francophone à Valence vous accompagne. La mise en relation est gratuite pour vous ; nos partenaires peuvent nous rémunérer.
Les cas les plus fréquents au départ de France : retraité du régime français, travailleur détaché, salarié d'un employeur français qui télétravaille peu depuis l'Espagne. Le principe de ce document portable européen, héritier des formulaires E106, E109, E120 et E121, est simple : vous vivez dans un pays, vous êtes assuré dans un autre, et le pays d'assurance paie les soins reçus dans le pays de résidence. Dans le détail :
D'autres situations y donnent aussi droit, notamment une pension d'invalidité française. Le demandeur d'emploi qui garde ses allocations chômage françaises (formulaire U2) relève d'un autre cas : la carte européenne (CEAM) le couvre pendant cette période. Si vous ne touchez pas ou plus d'allocation, demandez avant le départ à votre CPAM le formulaire S1 ou la CEAM.
Dans tous les cas, le formulaire est individuel et nominatif : conjoint et enfants qui vous accompagnent doivent chacun obtenir le leur auprès de la même caisse. À l'inverse, trois profils n'y ont pas droit : le salarié embauché par une entreprise espagnole (il cotise directement à la Sécurité sociale espagnole), le télétravailleur qui passe la moitié de son temps de travail ou plus en Espagne, et l'inactif qui n'est pas encore retraité, parti vivre de son épargne ; pour lui, les solutions sont plus bas sur cette page.
L'émetteur dépend de votre régime, pas de votre destination. Salarié ou détaché du régime général : la demande se fait auprès de votre CPAM, le plus simple étant la messagerie du compte ameli. Régime agricole : la MSA. Retraité : l'organisme qui verse votre pension ; ameli recommande de demander le formulaire E121/S1 à votre caisse de retraite avant votre départ de France. Le CLEISS, que vous croiserez dans toutes vos recherches, joue un rôle d'information sur les règlements européens mais ne délivre aucun S1.
Sur les délais, soyez lucide : aucun délai réglementaire de délivrance n'est publié côté français. Comptez plusieurs semaines entre la demande et la réception du document, et faites la demande dès que votre date de départ est connue : arriver en Espagne avec le S1 en poche vous évite une période sans couverture locale, pendant laquelle seules la carte européenne (CEAM) et une assurance voyage vous protègent.
| Votre statut | Qui émet le S1 | Où l'enregistrer en Espagne |
|---|---|---|
| Retraité (pensions françaises uniquement) | La caisse qui verse votre pension | INSS, puis centro de salud |
| Travailleur détaché en Espagne | CPAM (MSA si régime agricole) | INSS, puis centro de salud |
| Télétravailleur d'un employeur français (moins de 25 % en Espagne, ou moins de 50 % avec un A1 de l'accord-cadre) | CPAM | INSS, puis centro de salud |
| Conjoint, enfant accompagnant | La caisse de l'assuré, un formulaire par personne | INSS, avec le dossier du titulaire |
Trois étapes : l'enregistrement du S1 à l'INSS, l'inscription au centre de santé, puis la carte sanitaire. L'INSS vous demande votre certificado de registro de citoyen de l'UE, qui porte votre NIE, et une adresse en Espagne, où il vous envoie sa décision. Le centre de santé s'appuie ensuite sur votre inscription au padrón de votre commune, l'empadronamiento, que le système de santé régional exige pour vous rattacher à un centre de santé.
À partir de là, vous êtes soigné comme un assuré espagnol, sans avance de frais dans le public. Et si la France est votre État compétent, vous ne perdez rien côté français : votre caisse reste compétente pour les soins reçus lors de vos séjours en France, et c'est elle qui vous délivre la CEAM, valable 2 ans, pour vos autres déplacements en Europe.
Côté espagnol, le S1 ouvre l'accès aux soins pour deux ans au plus, renouvelable si votre situation ne change pas.
Deux solutions, qui se succèdent souvent dans le temps : une assurance maladie privée dès l'arrivée, puis le convenio especial. Sans pension française, détachement ni affiliation maintenue en France, le S1 vous est fermé, pas la résidence en Espagne.
En pratique, beaucoup de non-retraités combinent les deux : une assurance privée pour obtenir le certificat de résident, puis bascule vers le convenio especial ou maintien du privé selon l'âge et le budget. Le calcul change à 65 ans, quand la cotisation du convenio passe à 157 € et se rapproche du prix d'une police privée senior. Après cinq ans de résidence légale continue, un citoyen européen n'a plus besoin du convenio ni d'une assurance privée : il accède au système public comme tout résident.
Le S1 ne couvre qu'un parcours. Les autres voies d'accès aux soins, selon votre situation, sont dans notre guide sur la sécurité sociale en Espagne et la carte SIP.
Le S1 est un document portable européen qui permet à une personne assurée dans un pays de l'UE, de l'EEE ou en Suisse de s'inscrire à l'assurance maladie de son pays de résidence, aux frais du pays d'assurance. Il a remplacé les anciens formulaires E106, E109, E120 et E121. Concrètement, avec un S1 émis par la France et enregistré en Espagne, vous êtes soigné dans le système public espagnol comme un assuré espagnol, et la France rembourse l'Espagne. Le document est individuel et nominatif : chaque membre de la famille doit avoir le sien.
La caisse qui vous assure, selon votre statut : la CPAM pour un salarié ou un travailleur détaché (la demande passe par le compte ameli), la MSA pour un exploitant ou salarié agricole, et pour un retraité l'organisme qui verse la pension ; ameli recommande de demander le formulaire E121/S1 à votre caisse de retraite avant le départ de France. Le CLEISS, souvent cité dans les recherches, renseigne sur les règlements européens mais ne délivre aucun formulaire S1.
À l'INSS, l'Instituto Nacional de la Seguridad Social, en ligne sur le portail des prestations de la Seguridad Social ou sur rendez-vous dans un centre d'accueil (CAISS). Documents à fournir : une pièce d'identité (passeport, carte d'identité, NIE ou TIE), le S1 et votre certificado de registro de citoyen de l'UE ; pour vos proches, les justificatifs du lien familial. Il faut une adresse en Espagne : la décision vous y est notifiée. Si elle est favorable, vous recevez un certificat portant votre numéro de Sécurité sociale espagnol, à présenter au centre de santé de votre quartier avec votre justificatif d'empadronamiento. Le centre vous inscrit, vous affecte un médecin et vous remet la carte SIP, ou un document d'inclusion en attendant. Le S1 ouvre l'accès aux soins pour deux ans au plus, renouvelable si votre situation ne change pas.
Le document est gratuit, et vous ne cotisez pas au système de santé espagnol : les soins que l'Espagne vous fournit sont facturés à la France, qui reste votre État d'assurance. En revanche, si vous êtes domicilié fiscalement hors de France et que la France reste votre assureur, vos caisses de retraite prélèvent une cotisation maladie sur vos pensions : 3,2 % sur la retraite de base et 4,2 % sur la complémentaire du régime général, 7,1 % sur les retraites de travailleurs indépendants, à la place de la CSG et de la CRDS. C'est toute la différence avec les alternatives ouvertes aux personnes non éligibles, qui coûtent soit une prime d'assurance privée, soit 60 à 157 € par mois pour le convenio especial de la Sécurité sociale espagnole.
Oui, si la France est votre État compétent (cas du retraité qui ne perçoit que des pensions françaises). Votre caisse française reste compétente pour les soins reçus lors de vos séjours temporaires en France, et c'est elle qui vous délivre la carte européenne d'assurance maladie (CEAM), valable 2 ans, pour vos déplacements dans les autres pays européens. Vous cumulez donc l'accès au système espagnol au quotidien et au système français lors de vos passages en France.
Assurance privée d'abord, convenio especial ensuite. À l'arrivée : une assurance maladie privée offrant en Espagne une couverture équivalente à celle du système public, exigée pour s'enregistrer comme résident européen inactif (article 7 du décret royal 240/2007). Ensuite, le convenio especial ouvre le système public contre une cotisation mensuelle de 60 € avant 65 ans ou 157 € à partir de 65 ans (décret royal 576/2013), mais les médicaments restent à 100 % à votre charge. Il demande un an de résidence juste avant la demande, en Espagne ; la Generalitat admet aussi une année passée dans un autre pays de l'UE, de l'EEE, en Suisse ou au Royaume-Uni (procédure 17044), alors que le décret de 2013 parle de résidence en Espagne. Après cinq ans de résidence légale continue, un citoyen européen accède au système public sans convenio ni assurance privée. Le panorama complet, statut par statut, est dans notre guide de la santé en Espagne.
NIE, padrón, S1, compte bancaire, logement : l'ordre des démarches conditionne tout, et cette page n'en couvre qu'une. Notre guide vivre en Espagne les remet dans le bon ordre ; à Valencia, voyez l'ordre des démarches d'un retraité à Valencia. Et si vous préférez être accompagné, nos partenaires proposent l'accompagnement des démarches d'installation à Valence (NIE, empadronamiento, sécurité sociale), en français et dans l'ordre qui évite les blocages.
Sources : CLEISS, fiche « Formulaire S1 », fiche « Télétravail transfrontalier » et fiche « Retraité dans l'Union européenne » (cleiss.fr) ; accord-cadre européen sur le télétravail transfrontalier (BOE-A-2023-17874) ; ameli.fr, « Retraite à l'étranger : votre prise en charge » et « Recherche d'emploi à l'étranger » ; INSS, « Registrar el formulario S1 para la asistencia sanitaria en España » (seg-social.es) ; Generalitat valenciana, FAQ de la tarjeta sanitaria et procédure 17044 ; Ministerio de Sanidad et Real Decreto 576/2013 (BOE-A-2013-8190) pour le convenio especial ; Real Decreto 240/2007, article 7, pour la couverture exigée des résidents européens inactifs. Relu le 4 octobre 2026.