Le formulaire S1 transfère vos droits d'assurance maladie français vers l'Espagne. Il se demande à votre CPAM ou à votre caisse de retraite avant le départ, et concerne les retraités, les travailleurs détachés et les salariés qui travaillent en France en résidant en Espagne. Une fois sur place, vous l'enregistrez à l'INSS puis au centre de santé, qui vous délivre la carte sanitaire (la carte SIP dans la région de Valence) : vous êtes alors soigné dans le public espagnol, aux frais de la France.
Le S1 est un document portable européen, héritier des formulaires E106, E109, E120 et E121. Il repose sur une règle simple des règlements de coordination : vous vivez dans un pays, vous êtes assuré dans un autre, et le pays d'assurance paie les soins que vous recevez dans le pays de résidence. Trois statuts y ouvrent droit au départ de France :
Dans les trois cas, le formulaire est individuel et nominatif : conjoint et enfants qui vous accompagnent doivent chacun obtenir le leur auprès de la même caisse. À l'inverse, deux profils n'y ont pas droit : le salarié embauché par une entreprise espagnole (il cotise directement à la Sécurité sociale espagnole) et l'inactif qui n'est pas encore retraité, parti vivre de son épargne ; pour lui, les solutions sont plus bas sur cette page.
L'émetteur dépend de votre régime, pas de votre destination. Salarié ou détaché du régime général : la demande se fait auprès de votre CPAM, le plus simple étant la messagerie du compte ameli. Régime agricole : la MSA. Retraité : l'organisme qui verse votre pension ; ameli recommande de demander le formulaire E121/S1 à votre caisse de retraite avant votre départ de France. Le CLEISS, que vous croiserez dans toutes vos recherches, joue un rôle d'information sur les règlements européens mais ne délivre aucun S1.
Sur les délais, soyez lucide : aucun délai réglementaire de délivrance n'est publié côté français. Comptez plusieurs semaines entre la demande et la réception du document, et faites la demande dès que votre date de départ est connue : arriver en Espagne avec le S1 en poche vous évite une période sans couverture locale, pendant laquelle seule la carte européenne (CEAM) et une assurance voyage vous protègent.
| Votre statut | Qui émet le S1 | Où l'enregistrer en Espagne |
|---|---|---|
| Retraité (pensions françaises uniquement) | La caisse qui verse votre pension | INSS, puis centro de salud |
| Travailleur détaché en Espagne | CPAM (MSA si régime agricole) | INSS, puis centro de salud |
| Salarié en France, résident en Espagne | CPAM | INSS, puis centro de salud |
| Conjoint, enfant accompagnant | La caisse de l'assuré, un formulaire par personne | INSS, avec le dossier du titulaire |
C'est la partie que les pages françaises n'expliquent jamais, et elle se joue en trois étapes. Deux prérequis d'abord : votre NIE et votre inscription au padrón de votre commune, l'empadronamiento, que le système de santé régional exige pour vous rattacher à un centre de santé.
À partir de là, vous êtes soigné comme un assuré espagnol, sans avance de frais dans le public. Et si la France est votre État compétent, vous ne perdez rien côté français : votre caisse reste compétente pour les soins reçus lors de vos séjours en France, et c'est elle qui vous délivre la CEAM, valable 2 ans, pour vos autres déplacements en Europe.
Pas de pension française, pas de détachement, pas de contrat français : le S1 vous est fermé, mais pas la résidence en Espagne. Deux solutions, qui se succèdent souvent dans le temps :
En pratique, beaucoup de non-retraités combinent les deux : assurance privée la première année pour obtenir le certificat de résident, puis bascule vers le convenio especial ou maintien du privé selon l'âge et le budget. Le calcul change à 65 ans, quand la cotisation du convenio passe à 157 € et se rapproche du prix d'une police privée senior.
Le S1 est un document portable européen qui permet à une personne assurée dans un pays de l'UE, de l'EEE ou en Suisse de s'inscrire à l'assurance maladie de son pays de résidence, aux frais du pays d'assurance. Il a remplacé les anciens formulaires E106, E109, E120 et E121. Concrètement, avec un S1 émis par la France et enregistré en Espagne, vous êtes soigné dans le système public espagnol comme un assuré espagnol, et la France rembourse l'Espagne. Le document est individuel et nominatif : chaque membre de la famille doit avoir le sien.
Cela dépend de votre statut. Salarié ou travailleur détaché : votre CPAM (la demande passe par le compte ameli). Exploitant ou salarié agricole : la MSA. Retraité : l'organisme qui verse votre pension, c'est-à-dire votre caisse de retraite, à qui ameli recommande de demander le formulaire E121/S1 avant le départ de France. Le CLEISS, souvent cité dans les recherches, renseigne sur les règlements européens mais ne délivre aucun formulaire S1.
À l'INSS, l'Instituto Nacional de la Seguridad Social, dans un de ses centres d'accueil (CAISS), sur rendez-vous pris via sede.seg-social.gob.es. Apportez le S1 original, votre pièce d'identité et votre NIE. L'INSS vous remet un « documento acreditativo del derecho a asistencia sanitaria », que vous présentez ensuite au centre de santé de votre quartier avec votre justificatif d'empadronamiento : le centre vous affecte un médecin et commande votre carte de santé, la carte SIP dans la Communauté valencienne.
Non. La délivrance du S1 est gratuite, et vous ne payez aucune cotisation au système de santé espagnol : les soins que l'Espagne vous fournit sont facturés à la France, qui reste votre État d'assurance. C'est toute la différence avec les alternatives ouvertes aux personnes non éligibles, qui coûtent soit une prime d'assurance privée, soit 60 à 157 € par mois pour le convenio especial de la Sécurité sociale espagnole.
Oui, si la France est votre État compétent (cas du retraité qui ne perçoit que des pensions françaises). Votre caisse française reste compétente pour les soins reçus lors de vos séjours temporaires en France, et c'est elle qui vous délivre la carte européenne d'assurance maladie (CEAM), valable 2 ans, pour vos déplacements dans les autres pays européens. Vous cumulez donc l'accès au système espagnol au quotidien et au système français lors de vos passages en France.
Deux voies. À l'arrivée : une assurance maladie privée offrant en Espagne une couverture équivalente à celle du système public, exigée pour s'enregistrer comme résident européen inactif (article 7 du décret royal 240/2007). Après un an de résidence effective : le convenio especial, qui ouvre le système public contre une cotisation mensuelle de 60 € avant 65 ans ou 157 € à partir de 65 ans (décret royal 576/2013), avec une limite nette : les médicaments restent à 100 % à votre charge.
NIE, padrón, S1, compte bancaire, logement : l'ordre des démarches conditionne tout, et cette page n'en couvre qu'une. Notre guide vivre en Espagne les remet dans le bon ordre. Et si vous préférez déléguer, nos partenaires proposent l'accompagnement des démarches d'installation à Valence (NIE, empadronamiento, sécurité sociale), en français et dans l'ordre qui évite les blocages.
Sources : CLEISS, fiche « Formulaire S1 » (cleiss.fr) ; ameli.fr, « Retraite à l'étranger : votre prise en charge » ; Seguridad Social espagnole (INSS, seg-social.gob.es) ; Ministerio de Sanidad et Real Decreto 576/2013 (BOE-A-2013-8190) pour le convenio especial ; Real Decreto 240/2007, article 7, pour la couverture exigée des résidents européens inactifs. Vérifié le 24 août 2026.