Un étudiant français fait un stage en Espagne par l'une de ces trois voies : la convention de stage de son établissement français signée avec une entreprise espagnole, un échange universitaire avec stage intégré au cursus espagnol, ou — après le diplôme — un vrai contrat de travail formatif. Pas de visa (citoyen UE), pas d'obligation légale de rémunération côté espagnol, et une bourse Erasmus+ stage de 375 à 700 € par mois pour financer le séjour. Le détail qui change tout depuis 2024 : avec une convention française, l'entreprise espagnole n'a pas à vous affilier à la Sécurité sociale espagnole — et savoir le prouver débloque bien des signatures.
Trois cadres coexistent, et le bon choix dépend de votre situation :
La loi espagnole n'impose aucune rémunération de stage. Le texte qui encadre les stages étudiants (RD 592/2014, art. 7) parle d'une bourse d'aide « en su caso » — le cas échéant : elle existe si la convention la prévoit, et beaucoup ne la prévoient pas. La gratification minimale que vous connaissez en France — 4,50 € de l'heure en 2026 dès que le stage dépasse deux mois — est une règle du droit français, pas un standard européen : ne partez pas du principe qu'elle suivra.
Concrètement, budgétez comme si le stage n'était pas payé, et considérez toute bourse d'entreprise comme un bonus à négocier. Le vrai financement fiable, c'est Erasmus+ (section dédiée plus bas) — et un loyer maîtrisé : à Valence, se loger coûte nettement moins qu'à Madrid ou Barcelone, notre guide logement à Valencia donne les niveaux de loyer réels par quartier.
C'est le point que toute la concurrence ignore, et celui qui bloque des recrutements de stagiaires français depuis 2024. Cette année-là, l'Espagne a intégré ses stagiaires — rémunérés ou non — à la Sécurité sociale (disposition additionnelle 52ª de la loi générale de Sécurité sociale, en vigueur au 1er janvier 2024) : les entreprises espagnoles doivent désormais déclarer et cotiser pour leurs becarios. Résultat : certaines hésitent à prendre un stagiaire étranger, par peur de la paperasse.
Or la Sécurité sociale espagnole a tranché noir sur blanc (Criterio 3/2024 de la Direction générale) : les élèves d'établissements de formation étrangers qui font leur stage en Espagne sont « dans tous les cas hors du champ d'application » du dispositif, que le stage soit rémunéré ou non. Avec votre convention française, l'entreprise n'a donc ni affiliation ni cotisation espagnole à gérer pour vous. Ayez la référence sous la main au moment de faire signer la convention : c'est souvent l'argument qui débloque tout.
Pour les démarches de séjour : un stage court ne déclenche rien de particulier, mais au-delà de trois mois de présence en Espagne, la règle des résidents européens s'applique — voyez notre guide du NIE et celui de l'empadronamiento pour arriver dans l'ordre.
L'Espagne est classée en groupe 2 des destinations Erasmus+. Pour un stage, la bourse mensuelle moyenne va de 375 à 700 € — le montant exact est fixé par votre établissement d'envoi — à laquelle s'ajoute un complément stage de 150 € par mois. La mobilité de stage va de 2 à 12 mois (des formats courts de 5 à 30 jours existent aussi), dans la limite de 12 mois par cycle d'études. Des compléments existent pour les étudiants en situation de précarité et pour le transport durable. Les jeunes diplômés sont également éligibles au stage Erasmus+ à condition d'être sélectionnés avant la fin des études — voyez les conditions exactes avec votre établissement, c'est lui qui monte le dossier.
Chiffres de l'agence Erasmus+ France, appel en cours (consultés en septembre 2026) : vérifiez le montant de votre établissement, ils varient d'une université à l'autre.
Les secteurs qui accueillent le plus de stagiaires en Espagne, d'après Euroguidance : tourisme, énergies renouvelables, banque-assurance, agroalimentaire, aéronautique, automobile, technologies de santé. Côté francophone, ajoutez-y ce que nous voyons passer sur le terrain : le service client et support pour le marché français — la première famille d'offres de notre board — le commerce international et le marketing digital, concentrés à Madrid, Barcelone et Valence.
Les canaux gratuits qui fonctionnent : les portails espagnols (InfoJobs, Infoempleo, Primer Empleo), les portails français à section Espagne, la candidature spontanée auprès des entreprises qui recrutent des francophones en Espagne, et le réseau — à Valence, la communauté française fait circuler les offres avant même leur publication.
La première page de Google sur « stage en Espagne » est occupée pour moitié par des agences qui vendent le placement en stage : recherche d'entreprise, convention, parfois logement. Leur service est réel mais payant — et tout ce qu'elles facturent se fait gratuitement : votre établissement fournit la convention, les portails espagnols sont ouverts, et l'entreprise d'accueil ne demande aucun intermédiaire. Euroguidance le dit sobrement : leurs services sont payants, renseignez-vous bien sur les conditions et les garanties avant de vous engager. Notre conseil : gardez cet argent pour le loyer du premier mois, et passez par les canaux gratuits ci-dessus.
Les stages et postes junior apparaissent au fil de l'eau sur notre job board. Déposez votre CV : les recruteurs qui cherchent des francophones vous trouvent, et l'alerte email fait le reste.
Rien ne l'impose : le Real Decreto 592/2014 qui encadre les stages étudiants espagnols prévoit une bourse d'aide « le cas échéant » (en su caso) — elle est donc facultative, et beaucoup de stages ne sont pas rémunérés. Il n'existe pas d'équivalent espagnol de la gratification minimale française (4,50 €/h en 2026 au-delà de deux mois), qui est une règle du droit français. D'où l'intérêt de la bourse Erasmus+ stage (375 à 700 €/mois en moyenne pour l'Espagne, plus un complément stage de 150 €/mois) pour sécuriser votre budget.
Pas de visa : en tant que citoyen de l'UE, vous circulez et travaillez librement en Espagne. Pour un stage court sous convention française, aucune formalité d'immigration n'est en pratique déclenchée par le stage lui-même. Si votre séjour dépasse trois mois, la règle générale des résidents européens s'applique — enregistrement européen et, pour la vie pratique, padrón : nos guides du NIE et de l'empadronamiento détaillent ces démarches.
Non si vous venez avec la convention de stage de votre établissement français : la Direction générale de la Sécurité sociale espagnole (Criterio 3/2024) exclut expressément les élèves d'établissements étrangers du dispositif d'affiliation des stagiaires entré en vigueur le 1er janvier 2024, que le stage soit rémunéré ou non. Votre couverture reste organisée côté français (CEAM pour les soins, régime accidents du travail sous conditions). Montrez ce point à un employeur espagnol qui hésite : c'est souvent ce qui débloque la signature de la convention.
Les implantations françaises et internationales qui servent le marché français depuis l'Espagne : service client et support francophone, commerce international, tourisme, marketing digital. Sur notre job board, le service client représente la première famille d'offres francophones — les stages y apparaissent au fil de l'eau, et déposer votre CV vous met dans le radar des recruteurs qui cherchent des profils natifs.
Le tour complet de l'installation — logement, banque, santé, démarches — est dans notre pilier vivre en Espagne, et les repères de salaire pour l'après-stage dans nos fiches salaires par métier.