Fiscalité · Mis à jour le 3 septembre 2026 · Sources BOE / AEAT

Loi Beckham : l'impôt à taux fixe des impatriés, sans le vernis commercial

Le régime des impatriés (art. 93 de la loi IRPF, surnommé « loi Beckham ») permet à qui s'installe en Espagne pour y travailler d'être imposé comme un non-résident pendant jusqu'à six exercices : les salaires — y compris de source étrangère — à 24 % jusqu'à 600 000 € (47 % au-delà), et le reste des revenus imposé en Espagne seulement s'il y trouve sa source. En échange : pas d'abattements, cotisations non déductibles, et un statut à part vis-à-vis de la convention franco-espagnole. Le simulateur ci-dessous fait le vrai calcul, comparé à l'IRPF ordinaire.

Qui est éligible en 2026 ?

Depuis la réforme « startups » (Ley 28/2022, en vigueur depuis 2023), cinq profils ouvrent le régime, à condition de ne pas avoir été résident fiscal espagnol pendant les cinq périodes d'imposition précédant le déplacement :

  • Le salarié d'un employeur espagnol, ou détaché en Espagne par son employeur (lettre de détachement) — les sportifs professionnels sont exclus ;
  • Le télétravailleur international, salarié d'une entreprise étrangère travaillant à distance depuis l'Espagne — le visa nomade numérique vaut présomption d'éligibilité ;
  • L'administrateur de société, sans seuil de participation — sauf société patrimoniale, où il faut détenir moins de 25 % ;
  • L'entrepreneur dont l'activité est certifiée « entrepreneuriale » (rapport ENISA — à demander avant le déplacement pour un citoyen UE) ;
  • Le professionnel hautement qualifié au service d'une startup, ou en formation/R&D (si cette rémunération dépasse 40 % du total).

Nouveauté majeure de 2023 : la famille suit. Conjoint et enfants de moins de 25 ans peuvent opter pour le régime avec vous, tant que la somme de leurs bases imposables reste inférieure à la vôtre.

Le cas freelance, ambition la plus fréquente et déception la plus fréquente : exercer une activité économique en Espagne fait perdre le régime, sauf les trois exceptions du règlement (entrepreneur certifié, services aux startups, R&D). Un indépendant « classique » relève du régime autónomo ordinaire.

Combien d'impôt ? Faites le calcul

Deux règles font tout le régime (art. 93.2) : la totalité de vos revenus du travail est réputée espagnole — le salaire versé par un employeur français ou américain passe au taux fixe — et le reste (dividendes, intérêts, plus-values) n'est imposé en Espagne que s'il est de source espagnole. Le taux : 24 % jusqu'à 600 000 € de travail, 47 % au-delà ; l'épargne de source espagnole suit son barème propre (19 à 30 %). Mais attention au calcul réel : l'impôt s'applique au brut (cotisations sociales non déductibles — doctrine fiscale de 2025), sans mínimo personnel ni réductions. À salaire modeste, l'IRPF ordinaire, avec ses abattements, peut être plus doux : c'est exactement ce que le simulateur compare, cas par cas.

Simulateur : Beckham vs IRPF ordinaire vs France

Êtes-vous éligible ?

0

Votre éligibilité

Vous semblez éligible au régime des impatriés, sous réserve de validation.

Impôt annuel comparé

IRPF ordinaire

barème état + Comunitat Valenciana

23 826 €

taux moyen 29,78 %

le moins cher

Régime Beckham

24 % jusqu’à 600 000 €, 47 % au-delà

19 200 €

taux moyen 24,00 %

France

à brut égal (estimation)

9 952 €

taux moyen 12,44 %

4 626 € / par an
27 754 € sur la durée du régime (6 ans)

Le régime Beckham est plus avantageux pour vous.

Barèmes vérifiés le 03/09/2026 · sources BOE / AEAT / GeneralitatLe barème autonomique valencien 2026 utilisé pour la colonne « IRPF ordinaire » est le droit positif au 8 juillet 2026 ; une baisse a été approuvée en Consell mais n’est pas encore votée.

Résultat indicatif. Estimation à but informatif, ne constitue pas un conseil fiscal ou juridique. Vérifiez auprès d’un professionnel.

Sécurisez votre option Beckham

Le délai du Modelo 149 est de 6 mois et non prorogeable. Un cabinet spécialisé impatriés peut vérifier votre éligibilité et déposer l’option dans les temps.

Être mis en relation

Cas complexes

Conjoint non éligible, stock-options, exit tax française, articulation de la convention France-Espagne : ces situations méritent l’avis d’un conseiller fiscal transfrontalier.

La procédure : modelo 149, puis modelo 151 chaque année

  • L'option : le modelo 149, à déposer dans les 6 mois à compter du début d'activité figurant sur votre inscription à la Sécurité sociale espagnole (ou sur le document de maintien de votre régime d'origine, type A1) — pas 6 mois après votre arrivée : l'erreur de calendrier classique, et elle est sans rattrapage.
  • Chaque année : le modelo 151, la déclaration spécifique du régime, dans le calendrier de la campagne ordinaire (avril-juin) — voir notre guide des impôts en Espagne pour le contexte général.
  • La sortie est définitive : renonciation en novembre-décembre pour l'année suivante, exclusion en cas de manquement — dans les deux cas, aucun retour possible.

Les pièges que les plaquettes ne mettent pas en avant

  • Vous sortez de la convention fiscale. Sous Beckham, vous n'êtes pas un « résident » au sens de la convention franco-espagnole (l'AEAT le confirme, et l'art. 4 de la convention exclut les personnes imposées sur leurs seuls revenus locaux) : vos revenus de source française peuvent être taxés en France sans plafonds conventionnels ni mécanisme d'élimination de la double imposition. Avec un patrimoine français conséquent, cette ligne peut inverser l'équation — faites-la chiffrer.
  • Aucun filet du régime ordinaire : pas de mínimos, pas de déduction des cotisations, pas de compensation entre revenus. Seules la déduction pour dons et une déduction plafonnée pour l'impôt étranger sur vos salaires subsistent.
  • Les avantages discrets, en face : dispense du modelo 720 (déclaration des biens à l'étranger) pendant le régime, et impôt sur la fortune limité aux seuls biens espagnols.
  • L'option se prépare AVANT le départ : rapport ENISA pour les entrepreneurs, calendrier de l'alta, choix de la date de bascule de résidence — tout se joue dans les mois qui précèdent. C'est l'année de bascule décrite dans notre guide des impôts.

Le simulateur donne l'ordre de grandeur — l'option se valide avec un professionnel

Éligibilité réelle, calendrier du modelo 149, sort de vos revenus français : un fiscaliste francophone vérifié chiffre votre cas avant que l'option ne devienne irréversible. Mise en relation gratuite, devis avant tout engagement.

Être mis en relation avec un fiscaliste francophone

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la loi Beckham en Espagne ?

C'est le surnom du régime fiscal des impatriés (art. 93 de la loi IRPF) : une personne qui s'installe en Espagne pour y travailler devient résidente fiscale mais choisit d'être imposée comme un non-résident pendant l'année d'arrivée et les cinq suivantes. Concrètement : ses salaires — y compris de source étrangère — sont taxés à 24 % jusqu'à 600 000 € (47 % au-delà), sans barème progressif, et ses revenus non salariaux ne sont imposés en Espagne que s'ils y trouvent leur source.

Qui peut bénéficier de la loi Beckham ?

Cinq profils, depuis la réforme de 2023 : le salarié d'un employeur espagnol (ou détaché en Espagne), le télétravailleur international — le visa nomade numérique vaut présomption —, l'administrateur de société (sans seuil de participation, sauf société patrimoniale : moins de 25 %), l'entrepreneur dont l'activité est certifiée (rapport ENISA, à demander avant le départ pour un citoyen UE), et le professionnel hautement qualifié au service d'une startup ou en R&D. Condition commune : ne pas avoir été résident fiscal espagnol pendant les cinq périodes d'imposition précédentes. Le conjoint et les enfants de moins de 25 ans peuvent suivre le régime sous conditions.

Combien de temps dure la loi Beckham ?

L'année du changement de résidence fiscale plus les cinq suivantes : jusqu'à six exercices au total. La renonciation est possible (en novembre-décembre pour l'année suivante) mais définitive — on ne peut jamais réintégrer le régime, ni après une renonciation, ni après une exclusion.

La loi Beckham est-elle possible pour un freelance ?

En principe non : exercer une activité économique fait perdre le régime, sauf trois cas prévus par le règlement — l'activité entrepreneuriale certifiée (rapport ENISA), les services aux entreprises émergentes, et la formation ou R&D. Un freelance « classique » qui facture des clients ne rentre pas dans le régime ; un télétravailleur SALARIÉ d'une entreprise étrangère, si.

Comment éviter la double imposition France-Espagne sous la loi Beckham ?

C'est LE point de vigilance : sous ce régime, vous n'êtes pas considéré comme « résident » au sens de la convention fiscale franco-espagnole — l'AEAT le confirme, et l'article 4 de la convention exclut les personnes imposées uniquement sur leurs revenus de source locale. Vos revenus de source française (dividendes, loyers…) peuvent donc être imposés en France sans les plafonds conventionnels, sans le mécanisme habituel d'élimination de la double imposition. Le régime reste très avantageux pour des salaires élevés, mais l'équation dépend de votre patrimoine français : faites-la valider avant d'opter.

Qu'est-ce que la « loi Mbappé » ?

Un dispositif distinct, propre à la Communauté de Madrid, qui joue sur la fiscalité régionale des nouveaux arrivants investisseurs. Il ne remplace pas la loi Beckham (régime national) et ne concerne pas la Comunitat Valenciana.

Sources

Textes consolidés consultés le 3 septembre 2026. La position de l'administration fiscale française sur les impatriés espagnols relève du conseil transfrontalier individuel : cette page ne publie aucune règle française chiffrée.