Le régime des impatriés (art. 93 de la loi IRPF, surnommé « loi Beckham ») permet à qui s'installe en Espagne pour y travailler d'être imposé comme un non-résident pendant jusqu'à six exercices : les salaires — y compris de source étrangère — à 24 % jusqu'à 600 000 € (47 % au-delà), et le reste des revenus imposé en Espagne seulement s'il y trouve sa source. En échange : pas d'abattements, cotisations non déductibles, et un statut à part vis-à-vis de la convention franco-espagnole. Le simulateur ci-dessous fait le vrai calcul, comparé à l'IRPF ordinaire.
Depuis la réforme « startups » (Ley 28/2022, en vigueur depuis 2023), cinq profils ouvrent le régime, à condition de ne pas avoir été résident fiscal espagnol pendant les cinq périodes d'imposition précédant le déplacement :
Nouveauté majeure de 2023 : la famille suit. Conjoint et enfants de moins de 25 ans peuvent opter pour le régime avec vous, tant que la somme de leurs bases imposables reste inférieure à la vôtre.
Le cas freelance, ambition la plus fréquente et déception la plus fréquente : exercer une activité économique en Espagne fait perdre le régime, sauf les trois exceptions du règlement (entrepreneur certifié, services aux startups, R&D). Un indépendant « classique » relève du régime autónomo ordinaire.
Deux règles font tout le régime (art. 93.2) : la totalité de vos revenus du travail est réputée espagnole — le salaire versé par un employeur français ou américain passe au taux fixe — et le reste (dividendes, intérêts, plus-values) n'est imposé en Espagne que s'il est de source espagnole. Le taux : 24 % jusqu'à 600 000 € de travail, 47 % au-delà ; l'épargne de source espagnole suit son barème propre (19 à 30 %). Mais attention au calcul réel : l'impôt s'applique au brut (cotisations sociales non déductibles — doctrine fiscale de 2025), sans mínimo personnel ni réductions. À salaire modeste, l'IRPF ordinaire, avec ses abattements, peut être plus doux : c'est exactement ce que le simulateur compare, cas par cas.
Vous semblez éligible au régime des impatriés, sous réserve de validation.
IRPF ordinaire
barème état + Comunitat Valenciana
23 826 €
taux moyen 29,78 %
Régime Beckham
24 % jusqu’à 600 000 €, 47 % au-delà
19 200 €
taux moyen 24,00 %
France
à brut égal (estimation)
9 952 €
taux moyen 12,44 %
Le régime Beckham est plus avantageux pour vous.
Résultat indicatif. Estimation à but informatif, ne constitue pas un conseil fiscal ou juridique. Vérifiez auprès d’un professionnel.
Le délai du Modelo 149 est de 6 mois et non prorogeable. Un cabinet spécialisé impatriés peut vérifier votre éligibilité et déposer l’option dans les temps.
Être mis en relationConjoint non éligible, stock-options, exit tax française, articulation de la convention France-Espagne : ces situations méritent l’avis d’un conseiller fiscal transfrontalier.
Éligibilité réelle, calendrier du modelo 149, sort de vos revenus français : un fiscaliste francophone vérifié chiffre votre cas avant que l'option ne devienne irréversible. Mise en relation gratuite, devis avant tout engagement.
Être mis en relation avec un fiscaliste francophoneC'est le surnom du régime fiscal des impatriés (art. 93 de la loi IRPF) : une personne qui s'installe en Espagne pour y travailler devient résidente fiscale mais choisit d'être imposée comme un non-résident pendant l'année d'arrivée et les cinq suivantes. Concrètement : ses salaires — y compris de source étrangère — sont taxés à 24 % jusqu'à 600 000 € (47 % au-delà), sans barème progressif, et ses revenus non salariaux ne sont imposés en Espagne que s'ils y trouvent leur source.
Cinq profils, depuis la réforme de 2023 : le salarié d'un employeur espagnol (ou détaché en Espagne), le télétravailleur international — le visa nomade numérique vaut présomption —, l'administrateur de société (sans seuil de participation, sauf société patrimoniale : moins de 25 %), l'entrepreneur dont l'activité est certifiée (rapport ENISA, à demander avant le départ pour un citoyen UE), et le professionnel hautement qualifié au service d'une startup ou en R&D. Condition commune : ne pas avoir été résident fiscal espagnol pendant les cinq périodes d'imposition précédentes. Le conjoint et les enfants de moins de 25 ans peuvent suivre le régime sous conditions.
L'année du changement de résidence fiscale plus les cinq suivantes : jusqu'à six exercices au total. La renonciation est possible (en novembre-décembre pour l'année suivante) mais définitive — on ne peut jamais réintégrer le régime, ni après une renonciation, ni après une exclusion.
En principe non : exercer une activité économique fait perdre le régime, sauf trois cas prévus par le règlement — l'activité entrepreneuriale certifiée (rapport ENISA), les services aux entreprises émergentes, et la formation ou R&D. Un freelance « classique » qui facture des clients ne rentre pas dans le régime ; un télétravailleur SALARIÉ d'une entreprise étrangère, si.
C'est LE point de vigilance : sous ce régime, vous n'êtes pas considéré comme « résident » au sens de la convention fiscale franco-espagnole — l'AEAT le confirme, et l'article 4 de la convention exclut les personnes imposées uniquement sur leurs revenus de source locale. Vos revenus de source française (dividendes, loyers…) peuvent donc être imposés en France sans les plafonds conventionnels, sans le mécanisme habituel d'élimination de la double imposition. Le régime reste très avantageux pour des salaires élevés, mais l'équation dépend de votre patrimoine français : faites-la valider avant d'opter.
Un dispositif distinct, propre à la Communauté de Madrid, qui joue sur la fiscalité régionale des nouveaux arrivants investisseurs. Il ne remplace pas la loi Beckham (régime national) et ne concerne pas la Comunitat Valenciana.
Textes consolidés consultés le 3 septembre 2026. La position de l'administration fiscale française sur les impatriés espagnols relève du conseil transfrontalier individuel : cette page ne publie aucune règle française chiffrée.